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Entretien avec Jacques Delors - 09/10/2008

Jusqu’où élargir l’Europe ?

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Union européenne : membres et candidats

 Jusqu’où faut-il aller dans l’élargissement de l’Europe ?

Jacques Delors. Jusqu’où l’Europe ? Quand la France de Pompidou décide de trouver une solution avec la Grande-Bretagne, nous savons tous qu’elle sera une empêcheuse de tourner en rond. La Grande-Bretagne reste toujours à équidistance des États- Unis, du continent et du Commonwealth.

Le Président français de l’époque a pris le risque, poussé par les autres pays, d’accepter l’élargissement à la Grande-Bretagne mais aussi au Danemark et l’Irlande. C’est un choix historique.

La Grèce sortait du régime des Colonels ! Nouveau choix historique. Ensuite il y a eu l’Espagne et le Portugal juste libérés de régimes dictatoriaux. Vous vous rappelez l’opposition de Jacques Chirac : « si ce traité d’élargissement est signé, ce sera catastrophique pour la France… »

Le quatrième choix historique vient après la chute du Mur de Berlin. Sur les élargissements aux pays d’Europe centrale et orientale, nos gouvernements ont été lamentables ! Ils se cachaient, ils rasaient les murs. Comment ne pas ouvrir les bras à des peuples qui pendant 40 ans ont subi la nuit du totalitarisme ! Leur adhésion a conforté leur démocratie et permis leur développement.

Pour l’avenir, on devra consacrer plus de moyens politiques et économiques aux Balkans (les pays de l’ex-Yougoslavie en particulier) et les accueillir aussi dans la famille européenne.

Quand Robert Schumann a lancé son appel en mai 1950, il y avait dans le gouvernement français et dans les partis politiques des personnalités réticentes à cet appel à la paix et à la réconciliation. Il y avait la mémoire des morts de la guerre des deux côtés, le souvenir cruel de la déportation, la méfiance, voire la haine…

Plusieurs fois l’Europe a été devant un défi historique : à chaque étape elle a dit oui.

On pouvait concevoir une autre solution : une Europe plus petite, plus cohérente, plus cohésive. La grandeur de l’Europe est aussi de faire face à ces défi s historiques, au nom de la liberté, de la paix et de la compréhension mutuelle entre les peuples…

 Que pensez-vous de l’adhésion de la Turquie ?

Mon raisonnement est simple : compte tenu de la montée de l’intégrisme, de sa propagande, de son impact sur les populations - des centaines de millions - je ne dit pas dit non à la Turquie a priori, mais oui à la négociation et… point à la ligne. On verra après. Le non renforce la tension et la propagande des extrémistes : « Vous voyez bien que l’Europe est un club chrétien, un club de riches ».

Pourquoi dire non à la Turquie alors qu’au même moment on veut faire une Union pour la Méditerranée ? Il faut de la cohérence. La Turquie peut très bien ne jamais répondre aux critères d’adhésion. Mais je sais que le non brutal sera désastreux du point de vue de la bataille idéologique entre les démocraties et certaines formes d’intégrisme.

 L’Union des pays de la Méditerranée proposée par Sarkozy, effet d’annonce ou réelle bonne idée ?

Il lui a déjà fallu trouver un compromis avec les autres États membres, car ils ne voulaient pas d’un ensemble ne comportant que les pays européens du Sud. A présent, toute l’Union européenne participe à l’Union pour la Méditerranée.

Cette zone couvre deux conflits : celui dramatique Israël/ Palestine, et l’antagonisme sans solution entre le Maroc et l’Algérie. Ils ne sont pas arrivés à faire le Maghreb uni, un marché commun entre Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie… Il faut tenir compte de cette réalité.

On peut avoir des projets communs comme la lutte contre la pollution dans la Méditerranée, un marché commun de l’énergie...

La coopération entre les peuples est un facteur de compréhension mutuelle et de paix. C’est l’objectif essentiel. La coopération renforce et reste un moyen de mieux se connaître. Dans ce débat entre Français, évitons l’emphase et le lyrisme d’un côté, et le dénigrement systématique de l’autre.


2 Messages

  • Jusqu’où élargir l’Europe ?

    11 octobre 2008 14:26, par Samra Nahla

    Reflexions interessante, mais quand on détemine le pourquoi des regroupements ou bien l’elarigissement encore de l’UE Turquie par exemple on saisira que c’est pour mieux se placer dans une mondialisation de l’conomie qui necesite d’une manière accrue aussi des espaces acquis pour écouler les marchandises de tous genres et se maintenir comme force économique . Ce qui maintiendra ou renforcera encore les puissants d’hier au vue des mutations d’aujourd’hui. Coté rive sud de la méditerranée, il est utile que le respect des droits des peuples ne peut être qu’une carte maitresse de tout progrès et regroupemnt cohérent. Alors pourq uoi initier une structure Union Pour la Méditéranée (UPM) dont le principal souci erst de répondre aux besoins des pays de l’Europe (l’UE) en premier lieu devant ses concurrents US et Asie sans ses soucier des Droits fondamentaux érrgées au lendemains de la eme guerre mondale par ces même puissants et qui les appliquent pas pour les uatres peuples dont les actions de pays euroépens comme celles menées par la France interventionisetes directes ou indirtectesnourrissent des conflits en Afrqiue et dont le Droit de Veto de Paris au Conseil de Sécurité répond plus aux lectures politique de la stratégie françaises en bafouant l’esprit et les articles de la Charte onusienne. Et c’est sur ces questions de respect et d’application du Droit internationale que les regroupements doivent se tisser sinon à quoi bon de se retrouver au sein d’une structure UPM quant les repères et les fondements essentiels pour toute entreprise collective ne portent pas ce resect du droit des peuples en tout temps et dans tut espace de ce Monde. Deu poids deux mesures est propres à ceux qui s’efforcent e l’ettendre en initiant des démarches de déviation pour ne pas aller à l’essentiel commun

  • Jusqu’où élargir l’Europe ?

    9 octobre 2008 18:37, par Gotch

    Bonjour.
    Mon choix est très simple : il faudra dire oui, vraiment oui à la Turquie, qui aimerait faire partie de l’Europe. N’oublions pas que, comme la France et elle seule, elle possède une Constitution vraiment laïque : c’est précieux, par les temps qui courent !

    En revanche, la Grande-Bretagne n’acceptant que ce qui l’intéresse dans l’Europe, et rejetant le reste, il convient tout bonnement de l’exclure radicalement. C’est pourtant simple !

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