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01/04/2012 - Bon à savoir
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Faim et pauvreté dans le monde (suite) - 12/02/2009
Jean Merckaert, chargé des questions de financement du développement au CCFD Terre Solidaire revient de la conférence des Nations unies sur le financement du développement qui s’est tenue à Doha (Qatar) du 29 novembre au 2 décembre.
Fil Bleu. Quels enjeux pour cette conférence ? A-t-elle débouché sur des décisions précises ?
Jean Merckaert. Avec la crise financière, la conférence de Doha a pris une dimension particulière : les pays riches allaient-ils se détourner encore un peu plus de leurs engagements en faveur du développement alors que les populations les plus pauvres en seront les principales victimes ?
Nicolas Sarkozy venu réaffirmer, en coup de vent, la solidarité de l’Union européenne à l’égard de l’Afrique, n’a pas convaincu. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes.
La France, par exemple, a d’ores et déjà renoncé à financer 45 projets sociaux et d’infrastructures pour 2008-2009, essentiellement en Afrique. Elle ne sera pas non plus au rendez-vous de l’engagement européen de consacrer 0,56% du PIB à l’aide en 2010, puisque les prévisions prévoient 0,41%.
La course au profit mène notre monde dans l’impasse. Nous nous sommes indignés qu’à l’heure de refonder le système financier international, le G20 prenne les manettes et laisse les pays pauvres à la porte. Sur ce point, la déception est grande. Pour l’administration Bush, la conférence de Doha constituait un baroud d’honneur pour museler encore un peu plus les Nations unies.
L’Union européenne cherchait surtout à faire valoir ses mérites et à éviter que la conférence ne débouche sur des décisions trop novatrices.
Quant au G77, qui regroupe près de 150 pays en développement, il ne défend pas forcément les populations les plus démunies. La Chine, l’Inde et le Brésil y ont un poids démesuré. Les paradis fiscaux et les dictatures aussi.
Au total, le G77 prend facilement une posture de victime pour mieux refuser toute responsabilité. À l’évidence, le sort des populations les plus pauvres n’est pas le baromètre de l’architecture fi nancière mondiale à venir.
Un sujet clé a cependant avancé à Doha. L’Onu a reconnu, pour la première fois, qu’on ne financera pas le développement sans s’attaquer à la fraude fiscale dans les pays pauvres qui coûte chaque année entre 350 et 500 milliards de dollars aux pays du Sud. C’est plus de cinq fois le montant de l’aide qu’ils reçoivent des pays riches.
C’est une petite victoire qui ne plaira ni aux multinationales, ni aux paradis fiscaux. Le plus dur commence.