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Info retraités - 07/03/2007
Les Centres locaux d’information et de coordination (gérontologique) ou CLIC sont répartis dans toute la France pour prendre en charge tous les besoins de la vie quotidienne des retraités et personnes âgées. Mais leur existence n’est pas si simple. La décentralisation et la loi relative au handicap ont modifié la donne.
Les missions d’un Centre local d’information et de coordination gérontologique (CLIC) sont multiples. C’est un centre de « ressources » pour les personnes âgées. Il est en lien permanent avec les usagers. Il est en prise directe avec la population pour informer, orienter, évaluer les besoins dans une logique d’intervention de proximité. Il assure le lien avec les personnes âgées, les professionnels de ville, l’hôpital, les établissements d’hébergement. Il travaille en coordination avec les professionnels de santé et du secteur social, proche du lieu de vie de la personne âgée. Il a également pour mission de mettre en œuvre, de suivre et d’adapter les plans d’aide, de former sur les pratiques et de renforcer le soutien aux aidants, de contribuer à une mission d’information plus accessible et plus homogène.
Un comité de pilotage fixe les orientations, établit le budget, donne son avis sur les projets de développement. Des coordonateurs professionnels, salariés du CLIC, en assurent les missions. Des commissions, réunissant professionnels sanitaires et sociaux et les usagers, préparent la mise en œuvre et le suivi des actions engagées. Une commission des usagers doit, en principe, fonctionner. Les représentants des Unions territoriales CFDT de retraités peuvent y avoir toute leur place.
Si en 2004, l’État reste le financeur le plus important (41,6%), depuis janvier 2005, il a transféré le financement aux départements. Certes, ils perçoivent une compensation financière sous forme d’un transfert de fiscalité (taxe spéciale sur les conventions d’assurance). D’autre part, le rapprochement des deux problématiques handicap et gérontologie risque de modifier les données. L’impact financier de la nouvelle prestation handicap peut compromettre ou retarder la volonté politique d’apporter les réponses sociales nécessaires à la prise en considération de l’autonomie des personnes âgées et handicapées.
Le CLIC est prévu pour être un guichet unique par territoire défini en bassin de vie (canton, groupement de cantons, territoire d’action intercommunale, ville, quartier). Il devrait concerner une population de 7 000 à 10 000 personnes âgées de plus de 60 ans. La prévision en 2001 était de 10 CLIC en moyenne par département dans un délai de cinq ans.
Il en était même prévu 1 000 dans les deux ans. En fait, il n’y en a que 541 cinq ans après (recensement DGAS novembre 2006). On est loin du compte ! De plus on peut noter de fortes disparités de répartition. Des zones entières de département n’ont aucun CLIC. Certaines régions sont beaucoup mieux pourvues que d’autres. Il faut souligner en particulier que des régions d’outre-mer comme la Guadeloupe et la Martinique sont complètement abandonnées (voir tableau).
Selon le gestionnaire qui pilote le CLIC, son développement peut être très différent d’une commune à l’autre, d’un département ou d’une région à l’autre. Les CLIC sont labellisés sur les niveaux 1, 2 ou 3 selon les services qu’ils apportent, mais tous sont appelés à devenir label 3.
L’échelon pertinent de mise en œuvre, donc de pilotage et de labellisation est l’échelon départemental. Les conseils généraux jouent donc un rôle prédominant dans le pilotage des CLIC. Mais ce sont les Ddass (Direction départementale de l’action sanitaire et sociale) et les CROSMS (Comité régional d’organisation sanitaire et médico-sociale) qui fixent les modalités de développement.
La mise en place des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), instaurées par une loi de 2005, change la donne. On constate de plus en plus des rapprochements entre les CLIC et ces maisons départementales. Ceci peut permettre de mieux coordonner les actions en direction des personnes âgées et handicapées. Mais on risque aussi de voir diminuer les implantations des CLIC pour des raisons financières. On risque encore la confusion (fréquente) entre personnes handicapées (qui peuvent être de tout âge) et personnes âgées. Les CLIC (destinés à la population âgée valide ou non) sont alors moins subventionnés.
Par ailleurs, placés à présent sous la tutelle des conseils généraux, les CLIC voient leur existence menacée au profit de réseaux mis en place par ces conseils qui n’ont pas forcément un éventail de coordination aussi large que les CLIC. La création de nouveaux CLIC n’est absolument pas envisagée.
Actuellement, on peut se demander si la mise en place prévue de 1 000 CLIC se fera un jour. Pourtant le plan Solidarité grand âge de juin 2006 insiste sur la nécessité de resserrer les liens entre le domicile, la maison de retraite et l’hôpital. Il indique que la mission d’information et de coordination doit être confiée à un CLIC ou à un « réseau de santé personnes âgées ».
L’inventaire des 541 CLIC existant sur le territoire montre des disparités très importantes. Il est nécessaire de mieux connaître si des réseaux de santé peuvent les compléter. Il sera intéressant en période préélectorale de poser des questions précises sur les développements prévus de ces lieux indispensables pour améliorer le conseil, l’aide et le suivi des personnes âgées au quotidien, en lien constant avec les professionnels de la santé et du social.
Une répartition homogène sur tout le territoire doit exister, soit avec des Clic soit avec des réseaux, mais en nombre suffisant partout, dans un souci de proximité avec les personnes âgées.
Définition de la gérontologie
La gérontologie est l’étude de la personne âgée dans sa globalité : conditions physiologiques, pathologiques, psychologiques, sociales liées au processus du vieillissement humain. La gériatrie s’intéresse plus spécifiquement aux maladies de la vieillesse. C’est une branche de la médecine qui étudie la santé des personnes âgées. Elle est donc une des sciences qui composent la gérontologie.
| Région | CLIC Installés | CLIC prévus | % des plus de 60ans disposant d’un CLIC |
| Alsace | 8 | 29 | 41,3 |
| Aquitaine | 21 | 35 | 71,9 |
| Auvergne | 13 | 20 | 48,7 |
| Basse-Normandie | 12 | 22 | 73,4 |
| Bourgogne | 25 | 30 | 78,8 |
| Bretagne | 37 | 50 | 60,1 |
| Centre | 16 | 32 | 53,3 |
| Champagne-Ardenne | 15 | 20 | 41,5 |
| Corse | 6 | 8 | 61,6 |
| Franche-Comté | 12 | 17 | 74,7 |
| Haute-Normandie | 14 | 30 | 41,1 |
| Ile-de-France | 61 | 83 | 50,1 |
| Languedoc-Roussillon | 27 | 33 | 57,5 |
| Limousin | 22 | 26 | 77,4 |
| Lorraine | 23 | 32 | 67,8 |
| Midi-Pyrénées | 39 | 44 | 56,2 |
| Nord - Pas-de-Calais | 22 | 42 | 56,9 |
| Pays de la Loire | 47 | 65 | 75,9 |
| Picardie | 24 | 26 | 62,3 |
| Poitou-Charentes | 18 | 22 | 57,5 |
| Paca | 41 | 51 | 76,7 |
| Rhône-Alpes | 34 | 73 | 33,8 |
| Total | 541 | 783 | 58,1 |
Source : Données 2006 ministère de la Santé enquête 2004.