Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)
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07/01/2012 - Bon à savoir
Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)

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Impôts - 08/06/2009
Bonus, stock options, paradis dorés et fraudes fiscales, retraites chapeaux, actions gratuites … Crise ou pas, les grands patrons n’en finissent pas de puiser dans les caisses. Pendant ce temps, les petits trinquent et les inégalités s’accentuent.
Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des cinquante plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 1960 et 1969, ce ratio était tombé à 39 suite à la mise en place de taux d’imposition élevés sur les plus hauts revenus. Mais ce ratio est remonté à 367 au début des années 2000. En 2007 le PDG américain moyen a touché 7,7 millions d’euros soit l’équivalent de 344 années du salaire moyen aux États-Unis.
En France, nos grands patrons avaient l’œil rivé sur l’outre-Atlantique. Ce qui se pratiquait au pays de Bush nous était proposé comme modèle. Certes leur niveau de rémunération était inférieur. Mais ils ne désespéraient pas de les rejoindre au plus vite. En moyenne les patrons du CAC 40 ont perçu en 2007 4,7 millions d’euros soit 308 années de Smic. Mais cela ne leur suffit pas. Ces mêmes dirigeants veulent des rémunérations élevées et des avantages au moment de leur départ. Bien sûr ces « petits » à-côtés n’ont absolument rien à voir avec des mérites particuliers. Même en cas de faillite ces indemnités sont perçues !
Les « comités de rémunérations » fixent les montants versés des dirigeants. Mais ils sont composés de dirigeants qui eux-mêmes doivent leur rémunération à ceux dont ils auront fixé le revenu. Le système fonctionne en circuit fermé entre gens issus de même milieu, des mêmes écoles et fréquentant les mêmes salons.
La rémunération extravagante de certains dirigeants fragilise la démocratie. Un changement d’attitude ne viendra pas de l’intérieur du système. Comme le dit André Comte-Sponville (1) « le capitalisme n’est pas moral, il n’est pas non plus immoral, il est totalement, radicalement, définitivement amoral ». Et l’on pourrait en dire autant de ces dirigeants. Ceux-ci n’ont aucun scrupule. Voir à ce sujet comment ces dernières semaines certains se sont octroyés des sommes considérables avec l’argent apporté par les contribuables alors que des milliers de travailleurs étaient jetés à la rue. Il aura fallu des rappels à l’ordre du gouvernement pour les y faire renoncer.
Pour Thomas Piketty (EHESS et École d’économie de Paris), le seul remède efficace est l’impôt. C’est ce qu’avait fait Roosevelt en 1932. Il faut, dit-il, fixer des taux d’imposition élevés pour les revenus eux-mêmes très élevés et fixer une borne qui réduise drastiquement à partir d’un certain niveau l’incitation à se servir dans la caisse. Il faut, poursuit-il, affirmer aux yeux de tous qu’au-delà d’une certaine limite si vous prenez un euro de plus il y aura 90 centimes qui iront dans la caisse de l’Etat.
C’est exactement le chemin inverse qu’a pris le président de la République avec le bouclier fiscal sur lequel il n’entend pas revenir.
(1) Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel.
NDLR : L’excellente revue Alternatives Économiques a publié en janvier 2009 un dossier de onze pages sur « comment maîtriser les revenus fous des PDG ? ».