Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)
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07/01/2012 - Bon à savoir
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International - 16/01/2012
Depuis un an, une commission internationale ayant reçu un mandat de l’ONU réfléchit aux voies et moyens à mettre en œuvre pour une protection sociale mondiale. Elle est présidée par Mme Bachelet, ex-présidente du Chili. Martin Hirsch, le créateur du RSA en fait partie. Il nous livre ses réflexions dans un petit livre intitulé « Sécu : objectif monde. »
Tous les pays industrialisés se sont dotés de systèmes de protection sociale pas forcément complets mais toujours couteux. C’est un des privilèges des pays riches et démocratiques. C’est un choix politique que de consacrer une partie importante des ressources du pays (entre 1/4 et 1/3 de leur revenu annuel) à la protection sociale.
En Europe, ces dépenses sont supérieures au budget de l’État. En France, quand 100 euros de richesses sont créés, 9 vont à la santé, 8 vers les retraites, 6 aux prestations familiales, 2 vers le logement et 3 vers l’aide sociale aux plus démunis.
75% de la population mondiale ne bénéficie pas d’une protection sociale digne de ce nom. Les revenus peuvent chuter à zéro au moindre accident individuel (maladie, invalidité, vieillesse…) ou lors d’une catastrophe plus collective, économique ou naturelle. Impossible alors de se soigner, de manger à sa faim.
Le Brésil, avec le programme Bolsa Familia mis en place par le président Lula, a pourtant, en quelques années, sorti 20 millions de personnes de la pauvreté.
Pour Martin Hirsch, la communauté internationale doit accélérer la montée en charge des mécanismes de protection sociale sur l’ensemble de la planète. C’est d’abord un outil formidable de mutualisation des risques et un système d’épargne forcée pour la retraite sans lequel ceux qui ne peuvent épargner tout au long de leur vie active se retrouveraient complètement démunis.
C’est aussi un mécanisme de redistribution permettant d’apporter des ressources aux plus vulnérables. C’est enfin un vecteur de développement d’activités économiques qui joue un rôle fondamental en période de croissance comme par temps de crise. Au total la protection sociale c’est bien autre chose qu’un fardeau !
Inutile de rêver, mettre en place un système de protection sociale demande du temps et de l’argent. La commission Bachelet estime cependant que l’on peut bâtir un socle de bonne qualité avec 5 à 7 % de la richesse nationale. Un effort certes important. Mais dans beaucoup de pays, la corruption a permis à certains de se constituer de véritables fortunes. Le pays avait donc bien la capacité financière de mettre en place un socle de protection sociale.
D’autres ressources (taxe sur les billets d’avion, les transactions financières…) pourraient aussi être utilisées à cette fin. La communauté internationale pourrait enfin prendre à sa charge la formation de professionnels de la santé pour les pays les plus en difficulté…
L’idée de normes sociales qui viendraient augmenter les coûts de production, et rétablir un certain équilibre dans les échanges, se heurte, on l’imagine, à l’opposition farouche des pays concernés. Rien ne sera imposé par la menace et la force.
Pour la commission Bachelet, il faut, sous l’impulsion des pays développés (G 20), que l’ensemble des organisations internationales - bailleurs compris - puissent conjuguer leurs efforts pour faire progresser la protection sociale.
La tâche est énorme. Mais c’est dans la mondialisation de la protection sociale que réside la vraie convergence d’intérêts entre les peuples.
En savoir plus
Martin Hirsch : « Sécu : objectif monde. Le défi universel de la protection sociale », Éd. Stock, 2011.
Guy Gouyet
