Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)
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07/01/2012 - Bon à savoir
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International - 17/11/2010
En juillet dernier, des négociations en vue d’un traité international sur le commerce des armes se sont déroulées au siège des Nations Unies. L’accord devrait être adopté en 2012. Dur, dur…
Selon l’institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires mondiales ont continué d’augmenter en 2009 pour atteindre un nouveau record. Au cours de cette année, le monde y a consacré 1.531 milliards de dollars (1.244 milliards d’euros) soit, à prix constant, une augmentation de 5,9% par rapport à 2008 et de 49% par rapport à 2000.
En termes de dépenses militaires, les États-Unis sont en tête avec 661 milliards de dollars (49% du total), la Chine y consacre 100 milliards de dollars et la France 63,9. L’institut a constaté une hausse des dépenses militaires dans 65% des pays pour lesquels il a pu se procurer des chiffres. Par zone géographique, c’est l’Asie-Océanie qui a le plus augmenté ses dépenses (8,9% par rapport à 2008).
Les armes légères… de destruction massive
Tout le monde ne peut pas s’acheter un « Rafale » ou le char « Leclerc ». Il est par contre plus facile de se procurer une cargaison de kalachnikovs. Les armes légères ou de petits calibres ne représentent qu’une petite partie du marché mais leur trafic est facile à dissimuler. Si ce trafic est très lucratif, il est aussi très meurtrier. On évalue à 640 millions le nombre d’armes légères en circulation à qui l’on doit près de 500 000 morts par an. Sur ce demi-million, 310 000 décès sont liés à des conflits guerriers. Aujourd’hui les véritables armes de destruction massive sont les pistolets, carabines, fusils d’assaut, mitrailleuses, lance grenades… Au Mexique où règne théoriquement la paix, il y a eu, depuis 2006, 28 500 assassinats dus aux différents cartels de la drogue.
Pour un très grand nombre de populations les plus pauvres du monde, la guerre et la violence sont un obstacle direct au développement. Sur les 34 pays qui semblent les moins aptes à atteindre les objectifs du millénaire, au moins 22 sont au cœur d’un conflit ou en émergent. Au Burundi par exemple, où les dépenses de santé s’élèvent à 5 dollars par personne, chaque blessure de balle coûte 163 dollars au système de santé et depuis le cessez-le-feu de 2006, le traitement de ce type de blessures représente 75% des dépenses médicales.
C’est aussi dans ces pays où, grâce à la complicité des pays exportateurs, règnent l’absence de transparence et la corruption. Le commerce international des armes est l’un des marchés les plus corrompus.
Le traité dont il a été question en juillet dernier vise à définir des obligations juridiquement contraignantes garantissant le respect du droit international humanitaire et des droits humains ainsi que le développement économique et social chez les pays importateurs d’armes. Une large majorité des États y semble favorable (dont la France) mais il y a encore de nombreux sceptiques (Chine, Russie, Pakistan, Égypte…).
Les ONG de leur côté (Oxfam France, CCFD terre solidaire, Secours Catholique, Amnesty International France…) et d’autres à travers le monde font pression sur les pouvoirs publics. Elles font tout pour que ce traité voie le jour.
Ne soyons cependant pas trop naïfs. Pour des raisons de territoire, de pouvoir, de matières premières ou tout simplement par haine de l’autre, il y aura toujours des hommes prêts à se battre et donc à se procurer des armes. Ce n’est pas demain que la paix règnera sur terre et que « les soldats deviendront troubadours » pour reprendre les termes d’une chanson de René Levesque. La paix universelle est, comme la justice, un objectif probablement impossible à atteindre. Raison de plus pour y travailler sans relâche.
Guy Gouyet
Sources : Oxfam France, CCFD terre solidaire, Alternatives Internationales