Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)
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07/01/2012 - Bon à savoir
Avant de prendre sa retraite, il faut la « liquider » et pour cela engager un ensemble d’opérations (...)

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Etude - 25/01/2010
Depuis près de 40 ans quelques chercheurs, économistes et philosophes travaillent, sans être très entendus, à mieux cerner les critères de la richesse, du progrès et du bien-être.
L’indicateur roi de la richesse d’un pays est souvent lié à son produit intérieur brut (PIB). Plus celui-ci est élevé, plus ses habitants sont sensés être riches et… heureux. Le PIB a eu son heure de gloire, notamment au sortir de la guerre 39/45 car il fallait reconstruire et produire. Dans le domaine agricole, par exemple, seule comptait la somme de quintaux récoltés, sans que personne ne se soucie de l’aménagement du territoire, de la désertification des campagnes, de la pollution et autres nuisances portées à l’environnement.
Le PIB mesure ce qui est produit pendant une période donnée par le travail rémunéré. Pour l’augmenter, ironisait un expert, détruisez donc les cathédrales qui sont au cœur de nos villes et construisez à la place de vastes parkings. Ces derniers attireront la circulation automobile, provoqueront des embouteillages et des froissements de tôles : un plus pour le PIB ! Serons-nous pour autant plus heureux ?
Le PIB se moque des activités qu’il additionne pourvu qu’elles génèrent des flux monétaires. Exemple, la catastrophe de l’Erika en 1999 fut bénéfique au PIB français tandis que les bonnes volontés ayant gratuitement nettoyé les plages n’ont guère rendu service à la croissance.
De nombreuses activités et ressources contribuant au bien-être ne sont pas comptabilisées parce qu’elles ne sont pas marchandes ou qu’elles n’ont pas de coût de production monétaire direct : travail domestique, activité associative, militantisme… Si le PIB ne tient pas compte, entre autres, des pollutions, il reste également muet sur les inégalités et donc sur qualité de la cohésion sociale.
Ces différentes critiques ont conduit des experts à proposer d’autres indicateurs. Le plus connu est l’indice du développement humain (IDH). Il se base sur le PIB par habitant mais aussi sur l’espérance de vie et le niveau d’instruction. De quoi bouleverser la hiérarchie mondiale. En 2006 les USA ont le huitième PIB par habitant devant le Canada qui « n’est que » 14e. Par contre sur la base de l’IDH, le Canada prend la 3e place et les USA rétrogradent à la 15e. Naturellement, cet indicateur peut être à son tour critiqué.
Une chose est sûre : l’ordre économique ne peut pas envahir tous les domaines de la vie. Il nous faut faire une distinction entre économie de marché et société de marché. Ce qui n’a pas de prix (au sens du marché) peut avoir une grande valeur.
Au total nous sommes face à un formidable défi démocratique. Comme le dit Dominique Meda, philosophe et sociologue : « il nous faut faire un inventaire de ce à quoi nous tenons et c’est un exercice démocratique extrêmement important ». Selon le Conseil économique, social et environnemental qui s’est saisi de la question « il faut avant tout associer étroitement les citoyens au choix des indicateurs et à l’évaluation de leurs évolutions » et intégrer le développement durable.
Comment mesurer le sentiment d’être heureux ? Une réelle invitation à réfléchir et à débattre.
Guy Gouyet
De nouveaux indicateursD’autres indicateurs peuvent servir d’unité de mesure. L’indicateur de pauvreté humaine (IPH) est susceptible de refléter le niveau de certaines exclusions. L’indicateur de participation des femmes (IPF) à la vie économique et politique, et bien d’autres encore, tel celui mesurant l’empreinte écologique c’est-à-dire la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d’absorption des déchets enrichissent la démarche.
En savoir plus : Rapport du Conseil économique, social et environnemental .